« Mon amie | Page d'accueil | La gifle »

23.12.2007

Les Noël d'antan

Depuis quelques années, le temps me semble plus court, et j'ai l'impression qu'un Noël touche l'autre. Je me souviens des Noël d'antan, des Noël de mon enfance. Nous n'étions pas riches, donc pas de tonnes de jouets au pied du sapin, mais un bon repas digne de ce nom. Pour nourrir les quatre enfants de la famille F. , ma mère élevait de la volaille, cultivait des légumes et du maïs pour gaver lesdites volailles : canards, poules, poulets, dindes. Celle-ci, pauvre bête, trônait en bonne et due place sur la table familiale, le JOUR DE NOEL.

 Le sapin de Noël était un vrai sapin, que mon père allait couper sur les coteaux, au-dessus de chez nous. Nous l'y avons accompagné très souvent.

 

medium_1956_edited.JPG

 

 

Maintenant, nous ne pourrions plus couper une branche, c'est interdit. Mais, à cette époque , les arbres qui poussaient ça et là,  appartenaient un peu à tout le monde, et le propriétaire, notre voisin, ne nous disait jamais rien. C'était comme cela autrefois....Nous vivions en bonne entente. Le 24 décembre, avant la messe de minuit, nous  décorions le sapin avec de simples guirlandes argentées et dorées. Il n'existait pas, du moins je le pense, toutes ces guirlandes de couleurs qui nous émerveillent aujourd'hui. Puis, nous partions à pieds,  à la messe de minuit, nous n'avions pas de voiture bien sûr. Nous rencontriions quelques voisins et nous faisions le chemin ensemble vers l'église, distante de plus d' un kilomètre. La nuit était claire, froide, la lune brillait de toute sa lumière. Jamais nous ne nous sommes plaints d'avoir à marcher à pieds, dans le froid. C'était comme cela une nuit de Noël, à cette époque là. Arrivée dans l'église, je me dirigeais vers la chorale, car j'y chantais en solo, de beaux cantiques de Noël.En ce temps là, j'avais une voix juste, cristalline, et l'on m'avait choisie pour les solos. (ne me demandez pas de chanter maintenant, vous partiriez en courant). Au retour de la messe, nous allumions, avec maintes précautions, pour ne pas embraser le sapin, les vraies petites bougies que nous avions soigneusement installées sur l'arbre,  nous mangions quelques chataîgnes et nous partions nous coucher pour laisser la place au  Père Noël.  

  Le lendemain au réveil, le sapin était recouvert de mandarines,

medium_sapin3.jpg

 de quelques bonbons et au pied, une jolie boîte (en fer disait-on) décorée sur le dessus de belles roses, et à l'intérieur des boudoirs. Qu'elle était jolie cette boîte ! Il y avait aussi un jouet pour mes trois frères. Et nous étions heureux.... Nous étions, aussi, impatients de nous rendre chez nos petits voisins, pour voir leurs cadeaux.  Le père Noël, leur avait apporté une belle bicyclette, des poupées, des camions.... Nous étions heureux de pouvoir profiter de leurs jouets, et nous n'éprouvions aucun sentiment d'envie parce que le "Père Noël" avait été plus généreux avec eux. C'est un sentiment qui, malheureusement à l'époque où nous vivons, n'est plus.Tout le monde veut plus que son voisin.

  J'aimais bien les Noël de ce temps là......

il y a maintenant presque soixante ans......