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30.03.2008

Ingrid Bétancourt 2226 jours

Vous qui me lisez, de Colombie, de Bogota ou d'ailleurs...

 ...Por favor, Transmettez-leur cette lettre :

****

Lettre à un guérillero des FARC.

 Je ne te connais pas, et tu ignores qui je suis. Mon nom et ma personne n’ont aucune importance, ce qui est important, c’est ce que j’ai à te dire.

 Je t’écris depuis un paisible coin de France, un pays où il n’y a plus besoin de prendre les armes pour changer de gouvernement. Si mon message te parvient, sache que derrière moi, il n’y a ni organisation, ni parti politique, ni amis ou ennemis de ta cause. Ta cause, c’est la tienne, le combat que tu as choisi de mener est le tien et je ne te juge pas.

 Depuis des années, j’entends parler de toi, mais surtout, depuis des années, j’entends, plus que de toi, parler des prisonniers, des otages, que toi et tes camarades vous gardez au fond de votre jungle.

 Ta cause est peut-être juste, c’est l’histoire qui dira si tu as eu raison de vivre ou de mourir pour elle. Mais tu n’as pas le droit, au nom de ton combat, de maintenir prisonniers, loin de leur famille et de leurs amis, des gens, hommes ou femmes, étrangers à la guerre que tu mènes contre les autorités de ton pays.

 En privant ces gens de leur liberté, en faisant d’eux des êtres malheureux et désespérés, en leur volant plusieurs années de leur vie, tu fais plus de torts à la cause que tu crois défendre, que ne pourrait en faire le pire de tes ennemis.

 En te faisant le geôlier de ces innocents, tu cesses d’être un combattant, tu devient un bourreau. C’est en bourreau, que de plus en plus tu apparaîtras, que tu apparais (?),  aux yeux du monde entier, si toi et tes camarades ne libérez pas au plus vite tous vos otages.

 Je te le demande, et c’est aussi pour toi que tu dois le faire, rends à tes prisonniers, et en priorité à ceux qui sont malades, puis à tous les autres, la liberté à laquelle a droit chaque être humain sur cette terre.

 Et pense que si jamais l’un, ou l’une, comme Ingrid Bétancourt, on la dit très malade, venait à mourir, tu ne serais plus seulement un bourreau, mais tu serais un assassin !

 Quel regard porteront sur toi tes amis, tes enfants, si tu maintiens en cage, et les y laisses mourir des innocents ?

 Alors, il est plus que temps, libère vite les otages. En faisant cela, c’est toi aussi qui redeviendra libre; leur liberté, c’est également la tienne !

     Texte écrit par Crabillou.

Commentaires

Hélas mille fois hélas j'ai bien peur qu'il soit trop tard !

Ecrit par : Biche | 31.03.2008

Belle mais ferme pensée pour Ingrid et les autres.
Tu as su trouver les mots justes pour de tels actes.
Comme le dit Biche, nous espèrons tous qu'il ne soit pas trop tard.

Pour les Minous, je savais que ça te plairais.
J'ai moi aussi toujours eu un chat à mes côtés et crois voir souvent au fond de ses yeux, des choses que je ne vois malheuresement pas toujours dans ceux de certains humains...
Bisous.

Ecrit par : COEURDELOUP | 31.03.2008

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